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La plume d'Argent

Jeudi 9 juin 2005




"Vous n'êtes pas simplement un nom et un prénom, dotés d'une histoire sociale. Voici votre véritable composition.


Vous êtes 71% d'eau claire, 18% de carbone, 4% d'azote, 2% de calcium, 2% de phosphore, 1% de potassium, 0,5% de soufre, 0,5% de sodium, 0,4% de chlore. Plus une bonne cuillerée à soupe d'oligo-éléments divers : magnésium, zinc, manganèse, cuivre, iode, nickel, brome, fluor, silicium. Plus une petite pincée de cobalt, aluminium, molybdène, vanadium, plomb, étein, titane, bore.
Voilà la recette de votre existence.

Tous ces matériaux proviennent de la combustion des étoiles et on peut les trouver ailleurs que dans votre corps. Votre eau est similaire à celle du plus anodin des océans. Votre phosphore vour rend solidaire des allumettes. Votre chlore est identique à celui qui sert à désinfecter les piscines. Mais vous n'êtes pas QUE cela.

Vous êtes une cathédrale chimique, un faramineux jeu de construction avec ses dosages, ses équilibres, ses mécanismes d'une complexité à peine concevable. Car vos molécules sont elles-mêmes constituées d'atomes, de particules, de quarks, de vide, le tout lié par des forces éléctromagnétiques, gravitationnelles, éléctroniques, d'une subtilité qui vous dépasse.

Rien de ce qui vous entoure dans le temps et dans l'espace est inutile. Vous n'êtes pas inutile. Votre vie éphémère a un sens. Elle ne vous conduit pas à une impasse. Tout a un sens. Agissez. Faites quelque chose, de minuscule peut-être, mais bon sang, faites quelque chose de votre vie avant de mourir. Vous n'êtes pas né pour rien. Découvrez ce pour quoi vous êtes né.

Quelle est votre infime mission?
Vous n'êtes pas né au hasard."



L'Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu
de Bernard Werber



J'aime ce texte... Quand je l'ai lu pour la première fois, ca m'a donné une véritable force, une véritable envie de savoir quelle est Ma mission...


Par Galkalah
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Samedi 11 juin 2005




"Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.



Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir, si pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.



Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par craintes de blessures ultérieures.



Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.



Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.



Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.



Je veux savoir si tu sais faire confiance, et si tu es digne de confiance.

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté;



Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier: "Oui!" au disque argenté de la lune.



Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.



Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.



Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.



Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides."




Oriah Mountain Dreamer (an Indian Elder)


Ce texte est magnifique... Et très juste. Il montre bien, selon moi, la neutralité et la sagesse chamanique. Ces preceptes sont ceux que j'essaye de suivre, en quelque sorte... Chaque ligne se boit. J'espère que vous aussi, vous l'apprecierez...

 

Par Galkalah
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Mercredi 22 février 2006




Les Livres et les Films sont des portes, comme tout sur le monde. Mais j’avoue que ces deux là me touchent particulièrement. Généralement à la fin d’un livre (mais ceci s’appliquerait aussi bien à un film à vrai dire), je ferme les yeux et j’essaye d’en tirer des conséquences. D’en puiser la Sagesse. Parfois, cette sagesse est contenue dans une seule phrase, un seul grain de sable, mais dans certains livres, bien des graines sont posées ca et là, entre les lignes,  prêtes à germer dans les yeux du lecteur avisé. Je crois que les Sept Plumes de l’Aigle est de ces livres ci. Il est parsemé d’Etoiles et grâce à lui je me suis ouvert un peu plus à moi même.

 

Mais il est aussi sujet à la reflexion. Il donne certaines réponses… mais la plupart sont à trouver en soi.

 

Bien souvent je me suis dit en lisant ces livres que ces sages, ou chamans, qui éveillaient les gens devaient être idéalisés. Car bien souvent, on aurait dit qu’ils agissaient avec une vision d’ensemble de la vie, comme s’ils étaient en dehors de cette dernière, bien au delà. Maintenant je ne peux plus douter que ces personnes existent bien, je le sais au fond de moi. Ils ont trouvé les Sept Plumes de l’Aigle, ils ont ouvert les Portes qui mènent aux secrets essentielles de la vie. Le nom et la représentation change dans chaque pays, mais toutes ces personnes que l’on ne peut fixer trop longtemps, de peur de voir nos yeux brûler par trop de vérités ont toutes trouvées les Sept Plumes. A leur manière.

 

Et j’espère que moi aussi, je parviendrai à les trouver.

 

Un autre problème vers lequel m’a conduit la lecture de ce livre fut l’existence même de ce blog. Cela fait bien longtemps que je n’écris presque plus, et que les quelques textes que j’y met en ligne sont pauvres et me paraissent sans interêts. A un moment dans le livre, Luis –le personnage principal- raconte à un de ses amis chamans toutes les expériences inhabituelles qui lui arrivent. Mais alors ce dernier lui dit en des termes dont j’ai oublié l’exactitude qu’il devait garder ses souvenirs pour lui. Qu’il ne devait pas partager ses expériences comme car un souvenir contenait une grande force. Et lorsqu’on l’offrait au vent, elle se sentait trahie et perdait de son pouvoir.

Lorsqu’on raconte ce que l’on vit d’extraordinaire, c’est bien souvent soit parce qu’on veut impressionner les autres, soit parce qu’on doute et en quelque sorte, le poser par écrit rend tout cela plus « réel ». On pourrait me répondre à cela que c’est peut être tout simplement pour s’en souvenir, la trace écrite figeant l’instant. Mais si c’était le cas, pourquoi en faire un blog ? Pourquoi l’exposer aux yeux de tous ? Mieux n’aurait-il pas valu le garder à l’ombre, si ca n’était que pour cette dernière raison ?

 

On veut mettre des mots sur nos expériences, mais luttons contre le Doute en silence.

 

Cela ne veut pas dire que je n’écrirai plus. Pour l’instant je suis encore indécis. Peut être que ce Blog fermera. Peut être qu’il ne sera utilisé que pour les récits que je crée… Nous verrons.

 

Quoi qu’il en soit, la suite de l’Incantatoire Vitae ne sera pas écrite ici.

 

 

Et la marche se poursuit inlassablement vers le changement, et vers Moi-même…

Par Galkalah
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Samedi 20 mai 2006

"Je m'éveillai, c'était la maison natale,
Il pleuvait doucement dans toutes les salles,
J'aillais d'une à une autre, regardant
L'eau qui étincelait sur les miroirs
Amoncelés partout, certains brisés ou même
Poussés entre des meubles et les murs.

C'étais de ces reflets que, parfois, un visage
Se dégageait, riant, d'une douceur
De plus et autrement que ce qu'est le monde.
Et je touchais, hésitant, dans l'image,
Les mèches désordonnées de la déesse,
Je découvrais sous le voile de l'eau
Son front triste et distait de petite fille.

Etonnement entre être et ne pas être,
Main qui hésite à toucher la buée,
Puis j'écoutais le rire s'éloigner
Dans les couloirs de la maison déserte.

Ici rien qu'à jamais le bien du rêve,
La main tendue qui ne traverse pas
L'eau rapide, où s'efface le souvenir."


Yves Bonnefoy, Les Planches courbes


Lisez et relisez ces mots, ces phrases d'où le sens semble se dérober comme le sable entre nos mains. Et peut être alors toucherez vous aussi, dans le miroir, les mèches de la Déesse.

Apprendre à voir, à comprendre, à sourire de la magie qui jamais ne nous quitte. Toujours là, en nous, à travers nous.

Car nous portons les graines du savoir ancien.
Par Galkalah
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Vendredi 20 juillet 2007



Encore une fois, je me sens contraint de rappeler que les films et les livres dont je parle ici n’ont aucune importance en tant que telle. Vous dire si le film m’a plu ou non, si je trouve la réalisation bonne ou mauvaise, tout ca, on s’en contrefout. Les seules et uniques choses qui m’interessent dans les livres ou les films dont je parlerai dans la Plume d’Argent sont ce que j’appelle les Portes. C’est-à-dire ce que je ressens en voyant le film, les interrogations et tout ce que le livre ou le film peuvent m’apporter concernant mes pratiques païennes. Après ces belles paroles, ne vous attendez donc pas à trouver de synopsis.


Donc, Blueberry est pour moi un film très important. Je me rappelle encore lorsque je suis allé le voir au cinéma. Tout le monde est parti avec la même impression qu’ils exprimaient haut et fort : ce film est nul. On comprend rien. Moi, j’ai eu du mal à quitter mon siège. J’étais bien, je venais de passer un moment formidable, entre la transe et la fascination.


J’ai appris il y a peu que le chaman présent dans le film est un vrai chaman. Je comprends mieux pourquoi il me faisait autant « d’effet ». Pendant le film, dès qu’il commençait à chanter, à murmurer etc… j’avais l’impression de partir très loin, au delà de l’espace et du temps.


Le chamanisme a toujours été essentiel pour moi. En fait, la première fois que j’ai lu un article expliquant ce qu’était le chamanisme (ou du moins, une ébauche essayant d’expliquer cette pratique universelle), j’ai eu la « révélation ». Il n’y avait pas de doutes, je savais que le chamanisme était ma voie ou du moins que j’avais des choses à faire et à apprendre dans le chamanisme. C’est pourquoi ce film, blueberry, qui en fait retrace implicitement une initiation chamanique, m’a beaucoup touché. Même maintenant lorsque je le vois, j’ai ces mêmes sensations.


L’acmé du film, à l’intérieur de la grotte, est essentiellement fait en image de synthèse. Et bien je dois dire que grâce aux images de synthèse, ils ont réussi à vraiment nous donner quelque chose qui ressemble à ce que l’on peut réellement voir ou ressentir lors d’un démembrement chamanique. A un moment, on plonge dans l’iris du chaman et on va dans le plus en plus petit, dans l’essence des choses, au delà des cellules et des atomes. Je dois dire que c’est pour moi le moment le plus important du film et j’ai souvent, par la suite, ressenti ce « plongeon » dans les entrailles de l’être. On peut ainsi arriver dans un lieu unique où tout n’est que pureté et essence première. Il n’y a plus de mensonge dans ce lieu.


Après ce plongeon dans l’essence de l’être, le chaman dit « J’ai parcouru l’univers tout entier pour te retrouver ». Je ne m’en suis rendu compte que la dernière fois que j’ai visionné la film. Cela m’a fait me rappeler que l’essence de l’être est infini. Il y a quelque chose, au fond de nous tous, qui lie l’univers tout entier.


On peut donc conclure que c’est un très bon film pour avoir une idée de ce qu’est le chamanisme

Par Galkalah
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